Comment l'incertitude géopolitique influence les choix des étudiants internationaux
Pensez-vous qu'une poignée de main diplomatique ou un différend commercial pourrait nuire à vos études ?
De plus en plus d'étudiants internationaux se posent cette question. Auparavant, la décision était simple : il suffisait de consulter les classements, de regarder les campus et d'examiner les perspectives de carrière. Mais la situation a changé. Aujourd'hui, les étudiants adoptent une approche d'analyse politique tout au long de leurs études supérieures et prennent en compte la région où ils seront situés, et pas seulement les laboratoires et les bibliothèques, au moment de faire leur choix.
Face à la fluctuation des coûts de visa et à la montée des tensions géopolitiques dans le monde, la prise en compte de l'incertitude géopolitique est devenue essentielle pour étudier dans une économie mondialisée. Chez UniNewsletter , nous constatons que cette préoccupation croissante se reflète dans les tendances de choix des étudiants sur tous les marchés. Malheureusement, face à un monde en constante évolution, évaluer l'impact de la géopolitique sur les études à l'étranger n'est plus un simple complément aux recherches des étudiants internationaux. C'est désormais une nécessité, voire une compétence essentielle pour tout étudiant envisageant des études à l'étranger. Qu'est-ce que l'incertitude géopolitique dans l'éducation internationale ? Lorsque l'on parle de l'influence de la géopolitique sur l'éducation internationale, il ne s'agit pas seulement des événements ponctuels liés à l'actualité ou aux élections. Il s'agit plutôt des changements structurels permanents qui affectent la manière dont les pays interagissent au sein du système mondial. La relation entre géopolitique et éducation mondiale est complexe, car cette dernière repose fortement sur la libre circulation des personnes, des idées et des capitaux par-delà les frontières. Lorsque les nations s'isolent les unes des autres, les premiers à disparaître sont généralement les moyens de transport des étudiants : visas, devises et itinéraires. Comme l'a démontré l'Institute of International Education , les fluctuations du nombre d'étudiants inscrits originaires de différents pays tendent à refléter l'évolution des relations diplomatiques entre les pays d'origine des étudiants et les pays d'accueil.
Comment la géopolitique influence les choix des étudiants internationaux L'analyse de l'influence des facteurs géopolitiques sur le choix des pays d'études des étudiants internationaux révèle que l'importance accordée à la « sécurité et à la stabilité » a considérablement augmenté par rapport au prestige traditionnel d'une formation dans un établissement prestigieux, tel qu'une université de l'Ivy League ou du Russell Group.
1. Les obstacles liés aux visas et à l'immigration L'impact de la géopolitique sur l'éducation internationale se manifeste le plus clairement dans le domaine des politiques frontalières. En particulier, en cas de tensions entre deux pays, les politiques frontalières privilégient souvent la « sécurité nationale », indépendamment du temps que l'étudiant a pu consacrer à la préparation de ses études supérieures dans le pays.
Il existe de nombreux exemples de délais de traitement aux frontières considérablement allongés pour les étudiants internationaux, sans compter les cas où des préoccupations liées à la « sécurité nationale » ont entraîné l'annulation immédiate des autorisations de recherche pour les étudiants internationaux inscrits dans certaines disciplines STEM. Face à l'incertitude, comme le refus d'entrée dans un pays après des mois de préparation, de nombreux étudiants internationaux ont renoncé à étudier à l'étranger. 2. La question de la sécurité physique Un autre domaine où les risques géopolitiques pour les étudiants internationaux sont liés aux conflits mondiaux actuels ou récents et aux perturbations de l'éducation internationale. Lorsqu'un pays ou une région est déstabilisé, de nombreux parents ou parrains considèrent la sécurité physique des étudiants comme leur priorité absolue. Des recherches récentes menées par Open Doors et plusieurs bureaux régionaux de l'éducation ont démontré que les étudiants modifient de plus en plus leurs destinations d'études à l'étranger, délaissant les pays considérés comme « instables » au profit de pays reconnus pour leur stabilité intérieure à long terme et leur politique étrangère neutre.
3. Tensions diplomatiques et « facteur d’accueil » La mobilité étudiante peut être influencée par de nombreux facteurs, au-delà de la simple sécurité. Lorsqu’un conflit ouvert oppose deux pays, les étudiants du pays perçu comme « agresseur » se sentent souvent moins bien accueillis pour étudier à l’étranger. Même si la perception du risque peut avoir un impact tout aussi négatif sur les inscriptions suite à des actions directes, les étudiants fondent leurs décisions sur le sentiment d’accueil qu’ils perçoivent, notamment en termes de chiffres d’inscription. L’effet de l’influence géopolitique sur les destinations d’études à l’étranger est abordé dans un article distinct intitulé « Géopolitique ».
Facteurs géopolitiques clés influençant les décisions relatives aux études à l'étranger Plusieurs facteurs géopolitiques influencent les études à l'étranger et peuvent inciter ou dissuader les personnes souhaitant étudier à l'étranger :
Zones politiquement instables : C'est souvent la première chose qui vient à l'esprit lorsqu'on pense aux obstacles aux études à l'étranger. Les guerres ou les conflits civils internes peuvent entraîner la fermeture rapide (ou, dans certains cas, la fermeture définitive) des programmes d'études à l'étranger. Sanctions économiques : Il est devenu impossible pour les familles d'envoyer des frais de scolarité d'un pays à l'autre, car elles ne peuvent plus transférer d'argent. De nombreux étudiants auront des difficultés à ouvrir un compte bancaire à leur arrivée dans un pays étranger. Accords bilatéraux : Les pays entretenant de bonnes relations bilatérales offrent de meilleures chances aux étudiants d'obtenir un visa pour un programme d'études à l'étranger. Par exemple, l'Australie et la Nouvelle-Zélande proposent des programmes de mobilité des jeunes (PMJ) en lien avec de nombreux pays du Commonwealth et de l'Union européenne (UE). Évolution des politiques gouvernementales : Un facteur déterminant dans les décisions des étudiants internationaux concernant leurs études à l'étranger est le droit au travail après les études, accordé par les gouvernements. Ces décisions sont influencées par les pressions internes visant à maintenir, voire à accroître, l'immigration. L'impact des conflits mondiaux sur l'éducation internationale Les conflits mondiaux ont historiquement créé une corrélation négative entre éducation internationale et conflits. Selon les données de l'UNESCO , non seulement ces conflits interrompent immédiatement la mobilité étudiante à l'étranger, mais ils ont également un impact négatif sur les infrastructures des pays qui soutiennent l'éducation internationale en préparant adéquatement les étudiants à intégrer des établissements internationaux.
La tendance que nous observons concerne les étudiants qui ont quitté les centres occidentaux traditionnels pour poursuivre des études internationales dans des régions non alignées ou jouissant d'une certaine stabilité. Les pays qui restent neutres en période de conflit mondial attirent de plus en plus les aspirations éducatives des étudiants. Des informations détaillées relatives à cette évolution de la politique éducative mondiale sont disponibles dans le rapport mentionné ci-dessus.
Gérer les risques géopolitiques : comment les étudiants réagissent Les étudiants d'aujourd'hui ne sont pas de simples observateurs passifs ; ils apprennent à s'adapter.
Pour réduire les risques géopolitiques pesant sur les étudiants internationaux, de plus en plus d'étudiants choisissent aujourd'hui : Les pays refuges : Traditionnellement, il s'agit du Canada, de l'Australie et de plusieurs pays d'Europe du Nord. Sur le plan politique, certaines de ces régions appliquent des politiques plus restrictives. Multiplier les options : De plus en plus d'étudiants postulent à plusieurs universités et à trois pays différents afin de s'assurer que si une frontière ferme, l'une des deux autres restera ouverte. Évaluer le retour sur investissement et la flexibilité : Les étudiants d'aujourd'hui privilégient les programmes comportant une composante en ligne ou une année de césure, ce qui leur permet de terminer leurs études ailleurs si la situation politique devient instable. Les résultats d'une étude de QS Quacquarelli Symonds montrent clairement que, pour les étudiants d'aujourd'hui, la sécurité figure constamment parmi leurs priorités absolues. Nombre d'entre eux, dans bien des cas, la placent même avant le coût de la vie. De toute évidence, l'incertitude géographique et la situation des étudiants internationaux ont atteint un point où la sécurité physique de ces derniers est devenue un facteur essentiel et non négociable dans leur choix d'étudier ou non dans un pays.
Le rôle des universités et des gouvernements Le système éducatif joue un rôle important face à ces événements. De plus en plus d'universités mettent en place des équipes dédiées à la « Gestion des risques globaux » afin de rassurer les étudiants internationaux, actuels et potentiels, grâce à une information transparente.
Le système éducatif joue un rôle crucial dans la gestion de ces événements.
La rapidité et la compassion avec lesquelles une institution réagit à une crise peuvent définir sa réputation pour les années à venir. De plus, le rôle de l'enseignement supérieur en tant qu'outil d'influence (soft power) apparaît de plus en plus clairement aux yeux de nombreux gouvernements. En accueillant des étudiants du monde entier en période d'instabilité, les pays tissent des relations diplomatiques durables avec ces nations. C'est pourquoi de nombreux secteurs plaident pour « protéger » l'éducation des effets des sanctions politiques. Pour comprendre comment les décisions relatives à l'éducation affectent les futurs étudiants internationaux, consultez les informations de notre blog : comment les classements mondiaux influencent les choix des étudiants . Impact à long terme sur la mobilité internationale : Les facteurs géopolitiques qui influencent l'éducation internationale pourraient conduire à une évolution vers un système éducatif plus multipolaire. Une ou deux puissances dominantes (par exemple, les pays anglophones comme le Royaume-Uni ou les États-Unis) ne détiendront plus la même part de marché ; il existera désormais un réseau de centres régionaux assurant stabilité et expertise dans divers domaines de connaissances. Parallèlement, il convient de noter que d’autres enjeux mondiaux, tels que la raréfaction croissante des ressources due aux changements environnementaux, pourraient engendrer des tensions supplémentaires entre les nations, alimentées par la concurrence sociopolitique pour l’accès à ces ressources limitées. Ce sujet est abordé dans notre article intitulé comment les changements climatiques et les crises sanitaires influencent la mobilité des étudiants internationaux d’un pays à l’autre. Conclusion : Des décisions éclairées dans un monde incertain Comme nous l’avons vu, la convergence de la géopolitique et de l’éducation soulève de nombreux défis ; toutefois, la demande d’apprentissage global demeure. Par exemple, aujourd'hui, les étudiants ne se contentent plus de choisir une université. La génération actuelle d'étudiants tient compte du niveau de stabilité politique associé à leur choix d'établissement ; le plus souvent, ils privilégient un pôle régional (ou une destination « sûre ») pour leurs études afin de minimiser les risques liés à leur sécurité personnelle, familiale et à leurs futures responsabilités académiques. De ce fait, les étudiants peuvent tirer parti des enjeux géopolitiques émergents pour adapter leur cursus à leurs projets professionnels. Historiquement, l'enseignement supérieur a été le moyen le plus efficace de favoriser la collaboration internationale entre des groupes divers. C'est pourquoi les étudiants ne devraient pas se laisser freiner par les frontières (géographiques ou politiques) dans l'élaboration de leurs objectifs éducatifs ; ils devraient donc concevoir un plan solide mais adaptable, qui tienne compte des incertitudes de l'avenir.